De Paris en piscine Le blog de Papillonista

Dernières journées

Une personne que j’aimais est morte hier : on l’a trouvée au matin et elle avait l’air paisible, son coeur s’était tout simplement arrêté de battre, étouffé. cette personne était étendue sur son lit, les bras croisés  et voilà.

C’est fou comme ça peut faire du bien de savoir qu’elle n’a pas souffert, c’est le médecin qui l’a dit.

Triste. L’ensemble du paysage, la douceur de l’air, les gens animés, tout est triste pour moi. Comment vais-je vivre sans cette personne ? un peu plus seule … Non, je ne parle pas de mon Mari, qui, lui, est toujours là, mais compte pour du beurre … 🙂  

Une occasion encore de réfléchir (pour ainsi dire, en fait c’est d’être frappé, interpellé plutôt) à l’absurdité de ces choses … quelqu’un est là, qui vous accompagne tout au long de votre vie, que vous connaissez depuis toujours semble-t-il sans que ce soit jamais un fardeau malgré la somme d’erreurs qui peuvent se produire, et puis voilà qu’il meurt … on sait qu’il est mort, mais c’est comme s’il était toujours vivant, mais juste pas là…ne répond pas au téléphone… (j’ai essayé de l’appeler, on ne sait jamais) … après ça, j’ai imaginé que là où on l’avait mis, avec son visage apaisé, peut-être qu’il allait nous faire le coup du revenant… on l’avait cru mort, mais on se serait trompé (ça c’est déjà vu…) et on repartirait pour un tour … je n’ai pas voulu le voir une dernière fois, mort … je n’en ai pas vu l’utilité… Il est bien présent quelque part —je devrais dire dans mon coeur, tout le monde comprend ce que je veux dire— ça ne m’apportera rien de le voir sans vie . il me suffit de fermer les yeux pour le voir vivant. je regrette de ne pas avoir d’enregistrement de sa voix, par exemple … j’ai des photos, c’est tout … 

Hier, je n’ai pas nagé, mais j’y suis retournée aujourd’hui, à la piscine de Six-Fours-les-Plages. comme je n’avais pas beaucoup dormi, je ressemblais à la drosophile de Bach. Vous ne savez pas ce que c’est ? moi non plus ! je jure que ces mots sont venus spontanément sous mes doigts qui tapotent le clavier…non, je ne sais pas ce que j’ai voulu dire…Peut-être ai-je fait un lien avec les « fleurs de Bach » dont je ne sais pas plus ce que c’est, mais qui sont des mots que je vois un peu partout, et de plus en plus maintenant … Il semblerait que ces mots aient quelque chose à voir avec toutes ces mystérieuses thérapeutiques nouvelles, plus ou moins new age, et qu’on voit fleurir sur les plaques professionnelles dans des villages reculés … 🙂 ou alors dans les journaux spécialisés : vous êtes mal dans votre peau, et vous serez bien en suivant, sous la direction d’un thérapeute qualifié, une de ces thérapies  dont le yoga tout bête est le lointain ancêtre … 🙂  quand le Placébo guérit …Le Placébo est le plus grand guérisseur du monde , qu’on se le dise !

A la piscine de Six-Fours, où je suis retournée parce que je n’ai rien vu d’autre à faire , ces dernières 36 heures que de faire mécaniquement ce que je fais les autres jours + de nouvelles tâches, mais qui ressemblent à celles que je me coltine d’habitude, j’ai nagé une grande demi heure, mais pas plus car une longue route m’attendait …je rentre bientôt à Paris, j’ai hâte . J’en ai marre d’être ici… Il faut juste que je termine ce que je suis en train de faire, et après, liberté ! J’ai parlé beaucoup au téléphone avec les amis qui ont été franchement d’un grand soutien : heureusement qu’il y a les amis …  l’occasion aussi de comprendre que ces choses tristes arrivent à chacun … en pire, quelques fois … faiche, la mort ! franchement, on devrait essayer de s’en débarrasser …atteindre le palier où chacun déciderait lui-même de l’heure de sa mort, serait déjà un grand pas . Je ne crois pas que les volontaires pour dépasser un certain âge serait légions …il faut être salement blindé et en acier inoxydable pour décider, à l’âge de, mettons, 190 ans, de continuer encore…Le problème étant que les gens qu’on aime ne font pas long feu …c’est le seul problème … alors rester tout seul … Mon Cheval se manifeste en disant que lui il s’en ficherait de rester tout seul si seulement il pouvait vivre jusqu’à 1000 ans (rien que ça) … il imagine , un de ses rêves favoris , qu’il est là depuis 2000 ans … il a traversé toutes les époques… Pour tromper son monde, à la fin de sa vie normale, à chaque époque, il se transformait en quelqu’un de sa famille, une nièce Cheval plus jeune, ou un cousin, prenant possession des quelques possessions du disparu (lui-même) …les voisins acceptaient ça, et monCheval continuait à vivre, échappant aux massacres en tous genres qui jalonnent l’histoire … « et ça n’était pas lassant ? », lui demandai-je en faisant mine de croire à ses salades …Ben non… il était là en spectateur … A chaque centaine d’année, il retombait amoureux d’une nouvelle personne Cheval qui n’avait pas comme lui, ce don de renouvellement secret … elle changeait avec l’époque, mais c’était toujours la même on aurait pu dire … 🙂 — c’est d’ailleurs pour cette raison d’amour que la Chevalette Henri IV, celle du Pont Neuf préféra se changer en pierre plutôt que de disparaitre … pour ne pas quitter mon Canasson qu’en temps normal elle voit passer 2 fois par jour …  🙂  bref, mon Cheval, rêvant toujours, revoyait accumulant des propriétés au fil des siècles (ayant acquis un arpent du coté du Petit Pont au Moyen âge , et ayant réussi à le garder jusqu’au 20ème siècle, le voilà riche à millions, et fréquentant les plus hauts personnages de l’état , ainsi que quelques sénateurs inamovibles dont on nous révèle les privilèges dans la presse en ce moment (on croit rêver, franchement) … Nooon, je ne vais pas  commencer avec les sénateurs … 

Je vous quitte, je suis trop triste . je ne suis pas sure que ça guérira … 

Un dernier truc : j’ai entendu à la radio que maintenant l’Etat va indemniser le « préjudice d’angoisse » des proches dont une personne a vécu des moments du genre du Bataclan : je trouve ça ahurissant ! qu’on indemnise les gens qui ont vécu quelque chose comme le Bataclan, oui, mais les proches de ceux -là, qui eux n’étaient pas au Bataclan, ? ? ? ?  c’est quoi, ça encore ? dans ce cas il faut indemniser tous ceux qui perdent prématurément (ou pas , d’ailleurs), un être cher … etc … c’est la vie qui est dure, et soit on indemnise tout le monde quand la personne subit les aléas de la vie, soit on n’indemnise que ceux qui ont réellement perdu quelque chose, qui ont été blessés physiquement , ou la famille qui a perdu son soutien de famille … je ne suis pas d’accord, alors que la vie est extrêmement dure pour moi(et d’autres qui n’ont jamais rien non plus, juste le droit de se crever), pour payer encore pour des gens qui ont une vie moins dure …dans ce cas (et je ne plaisante pas) indemnisez les clochards pour la vie qu’ils vivent et qui est de toutes façons plus dure et éprouvante que celle de n’importe quel proche d’un traumatisé du Bataclan … On indemnise les victimes, c’est à dire les gens qui ont été blessés. ou la famille de ceux qui sont morts. les autres, qui n’étaient pas présents sur le lieu du traumatisme,  devront apprendre à survivre et gérer leurs angoisses, s’ils en ont : C’EST LA VIE . La vie est une suite de traumatismes, et il faut gérer : c’est ça aussi, VIVRE. 

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