De Paris en piscine Le blog de Papillonista

aujourd’hui, voyage… ROAD TRAIN MOVIE, tout le monde voyage ! embarquement immédiat !

 photo Jean Mascolo 

Aujourd’hui,je quitte la ville du bord de mer pour me rendre dans la Vallée heureuse: un voyage interminable … J’ai acheté le livre « Un président ne devrait pas dire ça », pour passer le temps, mais je crois que j’aurais mieux fait d’acheter un polar … C’est le genre de livre, comme celui de Mme Trierweiler, qui n’apprend rien qu’on ne sache déjà…juste de temps en temps un petit truc faussement scandaleux qui fait pschitt, et puis s’en va … 🙂 

Le train chemine d’abord vers la plus grande ville de France au bord de la mer, et ensuite je dois changer et prendre le tortillard amélioré qui va vers la Vallée Heureuse… Les temps de trajet n’ont pas changé depuis mon enfance en 1927 … 🙂 bon, 1930 … 🙂  les temps des voyages en train entre ces villes n’ont presque pas varié depuis l’invention du train, on dirait, et j’exagère à peine … 🙂

Beaucoup de monde : comme d’habitude, je manque de pot : je suis assise à proximité d’un kakou qui passe son temps à beugler dans un téléphone, et comme il n’entend rien, il a mis le haut parleur, et on entend sa dulcinée, qui échange avec lui des propos dignes d’un feuilleton télévisé … A un moment, j’en ai marre, et je vais m’asseoir ailleurs, en face d’un couple de gens qui ont l’air plus sympathiques : ils ont un petit chien qu’ils transportent dans un petit sac : le gars n’arrête pas de caresser, gratter et tripoter le petit toutou qui se pâme … 🙂  à un moment, je demande son nom : « Justice », me dit le gars, ce qui me laisse perplexe … 🙂 un peu plus loin, je demande « pourquoi, Justice »?  … le gars me répond quelque chose comme « c’est pas mal »… 🙂 je devine qu’il y a une histoire là derrière, un secret … 🙂 j’aimerais bien savoir … 🙂

Le train est tagué à l’intérieur , avec des motifs sur les vitres aussi … J’essaie de gratter, pour voir, si ça résiste… pas possible d’enlever … il doit y avoir des composants à base de colle…  🙂  mon wagon est entièrement recouvert d’inscriptions … toujours ce langage incompréhensible …je constate que certains trucs ressemblent à de l’alphabet indien (avec des points dans des orbes) … ce qui est extrêmement étrange, c’est que depuis qu’ils existent, les tags, soit des dizaines d’années, ça n’évolue pas … toujours les mêmes tags… Quelqu’un devrait faire une étude très suivie et poussée sur les tags, on devrait étudier ça à l’université … 😉  La motivation m’échappe, à moi … ou alors les tagueurs sont des extra-terrestres …Il y a certains endroits tagués qui ne sont accessibles qu’en soucoupe, de toutes façons … 😉  En plus, les tagueurs sont extrêmement modestes : on ne sait pas qui ils sont, en vérité : qui connait « Smurr » ou « atpec » ? ? ?  En sortant sur le quai, je demanderai à un agent SNCF, qui m’explique que des bandes de jeunes squattent quand les trains sont à l’arrêt, en disant qu’ils attendent le départ, ou bien qu’ils sortent bientôt, et voilà, ça les amuse de faire ça … Avant d’entrer en gare de cette grande ville du sud, je constate que tout est recouvert de ces hiéroglyphes,  plusieurs kilomètres avant, les bordures des quais, les murs, les entrepôts, les trains eux-mêmes, qu’on aperçoit à l’arrêt,  sont entièrement tagués … Il n’y a que l’intérieur de la gare qui ne l’est pas (juste un tag discret de ci de là)…

Ce truc des tags est un vrai mystère urbain … quand verra-t-on des tags en pleine campagne,  sur les vaches, par exemple ?

J’attends dans la grande gare de la grande ville du bord de mer, et ensuite je reprends le train (6 heures + le retard,  pour faire 300 kms ! + le premier trajet, + l’attente …  ah, ce n’est pas le TGV) …  Ils te vendent un billet et tu es censé attraper un premier train, comme je l’ai dit, et ensuite attendre 20mns le 2ème train qui te mène à la Vallée Heureuse…mais les choses étant ce qu’elles sont, ils te conseillent, à la SNCF, de partir avec plutôt le train d ‘avant, pour être sur d’avoir la correspondance ! car personne ne sait ce qui peut arriver ! c’est quand même sur cette ligne qu’une fois j’ai réussi à aller jusqu’à une ville à 100kms, sur le chemin de Paris, et qu’ensuite le train a fait demi tour, nous ramenant au point de départ !  🙂 si, si … aucune explication …on pense que le conducteur du train avait changé d’avis après une centaine de kms, une vague histoire comme quoi il ne savait pas où dormir, arrivant à Paris après l’heure habituelle … car pour commencer, on avait attendu plusieurs heures à la gare de départ, et puis en rase campagne, pour cause de grève … 🙂

le train se mit à hahanner en abordant les contreforts de la montagne, sitôt la grande ville laissée en arrière …la campagne se déploya sous le soleil … je baissai le rideau devant la fenêtre : ils font des rideaux très performants maintenant : des milliers de petits carrés minuscules, qui laissent passer la lumière et permettent de voir le paysage, mais font une barrière efficace au soleil lui-même … 

A un moment, au coucher du soleil, je regardais ce store et je voyais comme les villes du futur, dans la structure en milliers de petits carrés, comme un tableau de V. da Silva, mais  en forme de ruban : déjà la majorité de la population mondiale, en ce moment, vit dans les villes et les mégalopoles, mais au trentième siècle, si nous ne sommes pas encore sur mars, ce sera pire encore : la terre sera une immense mégalopole, avec toutes ces structures pensées et adaptées , comme une succession de termitières, un habitât concentrationnaire, comme ça se dessine actuellement … je suppose que les riches et les maitres du monde seront les seuls à pouvoir trouver encore des ilôts de solitude …Ils seront photographiés dans les journaux (mais à quoi ressembleront les journaux ?), mais personne du peuple commun n’en aura vraiment jamais vu… 

Ensuite, le train se met à produire des bruits étranges, comme des cris d’animaux …il s’arrête dans toutes les petites villes, et reste parfois 10 minutes, on se demande pourquoi : A un moment, on nous annonce qu’un autre train vient se greffer, et que nous sommes en retard …On repart : la motrice , que j’entends très distinctement , semble quelque chose de très fiable, vraiment un gros moteur bien puissant et apte à tirer tous ces wagons … Wagons qui ne sont d’ailleurs plus des wagons traditionnels : les TER ont fait du chemin : on ne va pas plus vite, mais l’habitacle s’est transformé , modernisé : il y a des marches, pour monter ou descendre, à l’intérieur du wagon … 🙂 ça, c’est quand même bizarre, quand on pense que pas mal de gens trimballent des valises à roulettes, quand même … 🙂  il y a des endroits qui ressemblent à des salles de réunion , en cercle, avec  moelleuses banquettes courbes … 🙂 là, j’ai encore vu quelque chose de nouveau : je ne sais pas trop à quoi ça sert : ça ressemble à des râteliers pour mettre des vélos ou des skis …ou des Chevals, qui sait ?  😉 🙂   comme il n’y avait pas grand monde, vers la fin, tout les voyageurs s’étalaient, et moi la première, avec 4 sièges pour moi toute seule… Les pieds sur un siège, les fesses sur un autre, mon bagage sur le 3ème, et mes bras à coté … 🙂 

J’avais vu une exposition , dimanche dernier, ou était-ce samedi … 🙂 là où j’étais : je passe devant une sorte de musée, ou un bâtiment dédié à l’art, je ne sais trop quoi : je ne sais pas pourquoi je suis rentrée … subventionné par la région, gratuit …  🙂  ils affichaient un gars qui photographiait des structures et des architectures en décrépitude, où qui se cassaient la g…  et c’était pas mal : en fait, très intéressant : vous savez, quand vous passez quelque part et que vous apercevez une ancienne grille cassée tenant à peine à un bout de mur ancien qui s’écroule, ou alors des morceaux de bâtiments rescapés d’on ne sait trop quoi, d’utilisations antérieures dans l’industrie, ce genre de choses, il y en a plein partout … quand ça ne sert plus, personne ne les détruit, personne ne va perdre de l’énergie à ça, on les laisse juste aller …et les choses  se défont toutes seules …et ce monsieur, Bernard Plossu, avait l’air fasciné par tout ça ..;des centaines de photos, en noir et blanc, toutes plus intéressantes les unes que les autres … 🙂 

Il y avait 3 salles, dans le musée, où l’on projetait des films ou des vidéos … la première salle, une ballade en noir et blanc , on est dans un train : ça défile et se succède, des morceaux de structures, des raffineries, des bords de mer qu’on arrivait pas à situer, et le train qui roule , des complexes industriels qui n’essaient pas de faire joli, des murs, …ca faisait un peu penser à un chapitre d’un bouquin de cet écrivain américain (peut être Jay mac Innernay) qui décrivait ce qu’il avait vu d’un voyage en train le long de la Californie, je ne me rappelle pas, mais il m’avait semblé que le chanteur Dominique A s’était inspiré de ça pour la chanson « je vois des … des hangars, des … le monde était si beau … etc …).

Ca m’a rappelé aussi un petit film qu’on a vu à la devanture (sur tout un mur, on pouvait même voir du trottoir d’en face) d’une boutique de fringues rue Etienne Marcel il y a quelques mois : je crois que c’était au Japon: on était à l’avant d’un train, dans un paysage de neiges et de montagnes, et on avançait avec le train, les maison, quelques villages isolés, des pylônes, un habitat de montagne inconnu dans nos régions …ca passait comme ça dans la nuit, un voyage hypnotisant en pleine rue parisienne … 🙂 😉 😮 😮 

Et là, le film était assez hypnotisant, aussi, cette succession d’endroits des villes, des gares, tout ce développement industriel, des centrales, des usines, …de temps en temps, dans ce film, on voyait Plossu en train de filmer ou de photographier : a un moment, on voit un gars qui le filme en train de filmer, ce qui veut dire qu’il y a 3 gars … celui qui filme le gars qui filme Plossu en train de filmer  par la vitre du train … 🙂  mon Cheval me dit que c’est une mise en abyme  … 🙂 j’adore ce terme « mise en abyme » , parce que je l’ai découvert tard, et que je ne cerne pas tout à fait de quoi il s’agit … enfin, je vois bien de quoi il s’agit : par exemple quand un peintre se peint lui même en train de peindre …mais je ne vois pas l’intérêt de donner un nom spécifique à ce truc … 🙂 

Dans une autre salle, un autre film : toujours un film réalisé à partir d’un moyen de locomotion, une ville du bord de mer, et là, c’était plutôt des bus ou des tramways qui servaient à la locomotion : il y avait un autre type dans la salle, et je lui ai demandé « où est-ce ? » eh bien, le gars était bien renseigné : ça se passait en fait dans cette grande ville du sud où j’ai changé de train aujourd’hui : on avait demandé parait-il à Plossu de faire un film sur les moyens de transport de cette ville, et c’était autour des années 89 (on voyait pas mal de 2 chevaux dans le film ) … ensuite, un dernier film, avec carrément un groupe de musique , et des photos de Plossu, accommodées de manière expérimentale, la musique était bien, un groupe de musiciens de cette ville, vraiment intéressant, comme on entend rarement  (les autres musiques, qui s’apparentaient à de bruitages, dans les 2 autres films, étaient bien, aussi,  lancinantes comme un voyage en train, et participaient bien à l’ambiance) .

Train movie … 😀 😀

Pour terminer, j’ai encore 2 choses à dire : Hier, j’ai nagé dans la petite piscine de 4 couloirs : ils avaient fait ce que je déteste, les MNS : il faisait très beau et chaud, soleil mortel, et ils  avaient ouvert le toit ouvrant au dessus, ce qui fait qu’on se prenait les rayons des les yeux, et impossible de nager en dos …Je ne comprends pas cette stupidité : leurs parents et grands- parents, dans le coin, avaient compris qu’il fallait se protéger de trop de soleil : les maisons anciennes avaient de petites ouvertures au sud, pour garder la fraicheur, et personne n’allait s’exposer en plein midi … Là, tout se passe comme si tout le monde était obligé de rôtir au soleil jusqu’à attraper un bon cancer de la peau ou une tête de vieille indienne à 30 ans … les MNS, eux, se mettent à l’ombre, mais ils envoient d’autorité les gens se faire tuer sous le cagnard …

Ce soir, quand je suis arrivée dans la Vallée Heureuse, au terminus du tortillard , presque personne dans les wagons, et personne n’avait de voiture : pas une bagnole, pas un taxi ! pas même un taxi, 21h30, c’est trop tard pour la Vallée heureuse …j’allais sur les hauteurs de la ville, et me voilà partie avec ma valise que je trainais derrière moi (je charrie principalement des papiers et des livres ! ainsi que mon ordinateur ! )  🙂 🙂  voyant passer quelques voitures, au bout de 10mns, je fais du stop : personne ne s’arrête … les gens e la Vallée heureuse, comme partout en France, sont de gros égoïstes qui ont peur de leur ombre … et puis un type s’arrête, et ce brave gars m’a emmenée tout en haut de la ville, avec beaucoup de gentillesse :  Il parlait très mal français, mais mieux anglais, et voici son histoire : il était irakien ! réfugié ici en France, avec maintenant des papiers … Il avait fui l’Irak, en passant par la Turquie, et la Grèce, et puis il était arrivé clandestin en bateau … un de ces bateaux dont on parle, une chaloupe avec 1000 gars à bord , ça avait duré 5 jours, la traversée …ensuite, il était passé par l’Italie (je croyais rêver, d’entendre ça) , et puis « cali » … j’ai fini par comprendre que c’était « Calais » … On l’a récupéré à Calais, et on l’a dispatché avec d’autres dans plein de coins de France, et le voilà dans la vallée heureuse, où il a un titre de séjour, un métier, (il est électricien), et tout content … je lui ai demandé si ça lui plaisait, la Vallée Heureuse …il m’a dit qu’il était très bien, et qu’il aimait les montagnes et le froid(je crois qu’il y a aussi des montagnes en Irak)  … en fait il n’est pas là depuis longtemps, il n’a pas encore connu d’hiver ici …je lui ai dit qu’il serait servi, dès cet automne, s’il aimait le froid …et puis je lui ai dit « Welcome « … le fait est qu’il a déjà ses habitudes, apparemment, et une voiture … dont j’ai profité ,ce soir … 🙂 

Si ça pouvait se passer toujours comme ça, ce serait merveilleux  … 🙂 

 

 

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