De Paris en piscine Le blog de Papillonista

Mercredi

_C178207_2-1PHOTO JEAN MASCOLO

La Ptite Sirène m’a avoué qu’elle regardait mon blog par a-coups…elle peut rester longtemps sans nouvelles, d’autant plus qu’elle nage habituellement dans le 92, mais quand ça lui prend, c’est une salve de SMS, et puis elle regarde le blog, et compulse plusieurs pages à la fois, elle fait du rattrapage, elle se tient au courant, elle sait que je parle d’elle … et aussi d’une ambiance qu’elle connait fort bien, celle de Suzie … 🙂

Avant la fermeture de Suzie, elle était là tous les jours et se morfondait (tout en nageant) à propos du gars qui fait des trucs balaises sur la rive , celui qui rythme la vie de Berlioux, lui au sec, et nous tout mouillés …

l’autre jour, il était assis sur le banc, prêt au départ, au moment où je mettais mes chaussures …il était habillé d’une manière que je ne pourrais définir … j’essaie … mais ne me vient qu’une comparaison qui n’est pas tellement pertinente … vous savez, au début qu’on voyait les vêtements PRADA dans les magazines de mode : on se disait , mais qu’est-ce que c’est que ça … ça avait un coté ringard, (parfois années 50 en province), et en même temps c’était poussé au maximum du luxe et du bien coupé, mais au lieu d’entrer en plein dans le bon-goût, ou la beauté, ou les codes du chic, c’était un peu à coté …trés étrange vraiment … il fallait vraiment savoir que c’était Prada, que c’était dans « Vogue »,  donc bien,  pour arriver à aimer ça, et en même temps, on voyait que  c’était  travaillé,  … pas n’importkwâââ , quoi quoi … Ca nous cueillait à l’endroit où on ne s’y attendait pas … 🙂

Je ne sais pas si j’ai bien défini , mais après tout, je m’en fiche !

Donc, l’acrobate de la Ptite Sirène me fait penser à ça, quand je le vois habillé.  Il est en décalage.

Il n’est pas habillé comme tout le monde, les hommes de son âge, quel que soit leur style, non  .. il a un style indéfinissable …il ne se vêt pas  comme un athlète normal,(car c’est absolument un athlète, en boxe thai), il n’est pas  comme on les voit tous, en « casual » ou décontract », ou n’importe quoi d’autre (ou comme un athlète de haut niveau se rendant à une soirée ou une émission de télévision tel le beau  Camille Lacour(t) le dossiste , non …

et pourtant, l’acrobate de Berlioux  est habillé … il porte même plein de trucs différents sur lui , comme les couches successives d’un oignon avec un look Prada … Et je pense lui avoir vu un chapeau… plusieurs fois… des couvre-chefs différents …

ou alors c’est le manteau pied-de-poule, comme il y a 2 jours …

le look d’Aubervilliers peut-être ? Ben, on ne sait pas … 🙂 😉

Intrigant, mystérieux … 😉

ce qui faisait que je le regardais à la dérobée, pour essayer de définir, perplexe  …impossible … Même de dos, quand il passait le tourniquet, je lui trouvais une allure curieuse …

Quand il faisait le « Christ en croix », comme on appelle ça, la Ptite et moi (en fait c’est « la chaise », un exercice que je fais aussi à mes heures, pour renforcer les muscles des cuisses, un exercice de skieur : vous êtes comme assis , le dos au mur, mais sans la chaise,  et il faut tenir le plus longtemps possible,  🙂 … la Ptite Sirène et moi on le regardait (discrètement), et il a dû voir qu’on le mâtait … il a fait le grand effarouché, en disparaissant derrière un pilier  … (ou peut-être pas, peut-être est-il trop dans sa bulle)…

la Ptite a dit qu’il lui faisait un effet étourdissant autrefois, mais plus du tout maintenant, tout en ajoutant « je dois reconnaitre  qu’ il a  quand même un trés beau corps » …

Elle me dit ça à chaque fois … et j’enchaine  en disant , ce qui est la pure vérité,  que si je me force à me demander comment je le trouve, eh bien je ne le trouve pas du tout, il m’est complètement indifférent …

 je  reconnais que son corps est OK, il n’est ni gras, ni moche, ni rien, il se suspend à tout ce qui est en hauteur à Berlioux, il fait des rétablissements de ouf sur une main, bluffant, mais il me laisse de marbre , sa peau idem, en clair je n’arrive pas à le trouver beau …il n’y a rien qui m’émeuve dans son corps, rien… Il serait bon nageur, encore, que ça m’attirerait, mais là … 

...j’essaie de me forcer un peu, et de m’imaginer lui et moi sur une île déserte, par exemple, forcément, au bout d’un moment …eh bien non, rien à faire … je tomberais plus facilement amoureuse d’un requin, ou de quoi que ce soit de vivant dans les parages, mais ce gars-là, jamais …il ne me fait aucun effetalors que je suis sure que la Ptite Sirène, si elle se trouvait sur une île avec lui, succomberait assez vite (heureusement pour elle, elle ne part jamais en vacances … 🙂

« De toutes façons », me fait le Cheval, pragmatique (il est parti inspecter les sorties de secours à Berlioux, et on attend un rapport… 🙂 « de toutes façons, inutile de prendre un avion (par les temps qui courent), ni un hélico (ils courent, les temps… 🙂 , non, tous les ingrédients de l’île déserte sont à 5 m du couloir où nous nageons : le cocotier, d’autant plus précieux qu’il est unique,  avec ses 3 noix, les sirènes égoistes qui restent dans l’eau, le Robinson autiste tout seul dans sa bulle … les observateurs plantés de l’autre coté, le mirador qui surplombe la scène (c’est une île de forçats, genre Cayenne, etc … ) … 🙂 🙂 😀 …

Tout est bien là, et ne bougera jamais « … 😉 😀 😀

 « attrape-moi sous le cocotier, si tu sais nager, et tu prendras perpétuité », conclut le Cheval tandis qu’on lui fait un bras d’honneur, accompagné de quelques mots bien choisis  😀

le mercredi est le jour des enfants, et les leçons se sont succédées dans la ouane… je n’avais pas envie de me coltiner les dames palmées dans la 2, ni les excités du crawl dans la 3, alors je n’ai nagé que dans le portnawak, mais c’était plutôt calme … en brasse exclusivement, et en planche … Il fallait éviter les derniers mètres dans le petit bain, où il y avait pas mal de gens qui pataugeaient … un monsieur avec ses 2 enfants qui jouaient à faire la course en travers (les gens qui nagent en travers sont le travers des piscines …), une dame avec sa toute petite fille mignonne qui faisait des longueurs de planche, jusqu’au bout…elle m’a dit que la petite avait peur, mais ça n’y ressemblait pas du tout … une dame qui nageait vraiment trés trés lentement la pauvre …j’ai essayé de ne pas la gêner en la contournant, car j’imaginais le calvaire que ça devait être pour elle … j’aurais bien aimé qu’elle me raconte son histoire, comment elle avait décidé de sauter le pas et se mettre à nager, car ça ne ressemblait pas du tout à une partie de plaisir … sans doute une histoire de médecin lui disant de faire de l’exercice … ou bien une de ses filles lui disant de se mettre à la « natation » ... 🙂 😉

2 dames qui nageaient aussi trés lentement, en binôme (quelques fois je passais au milieu, en ne faisant que des bras pour ne pas les heurter), qui discutaient, et restaient 5 minutes au T avant de repartir, en se racontant des histoires … elles devaient avoir la cinquantaine, du poids à perdre (comme nous toutes … 🙂 , et surtout, ce qui m’a fasciné car ça me rappelait mon enfance, elles portaient des petites boucles d’oreilles rondes … Quand j’étais petite, dans les Alpes, il y avait 2 sortes de populations … les gens du crû, qui étaient là depuis des générations, qui possédaient toute la terre alentours (la terre de valait rien dans les Alpes, au début, car dure à cultiver, avec tous les mois de gel et de neige, et puis on s’est mis à appeler ça l’or blanc, quand les winter sports se sont développés, et les gens du crû sont devenus trés riches, tout en restant aussi radins que quand ils ne l’étaient pas …) …

dans les Hautes Alpes, il y a un proverbe : (qui suit les 3 villes du département, à mesure qu’on prend de l’altitude ) :

A Gap, tout sur le dos , à Embrun, tout dans la panse, et à Briançon, tout dans la poche

les dames et demoiselles du terroir, dans cette contrée des Alpes du sud, avaient toutes, dès l’enfance, une paire de petites boucles d’oreilles en or, c’était la marque de leur appartenance.

Elles ne faisaient non plus jamais de ski, (c’était les garçons qui faisaient du ski), si elles devaient faire quelque chose à un moment donné, c’était plutôt du patin, et encore …Non, elles faisaient la cuisine et les tâches ménagères, faisaient leur communion solennelle , allaient jusqu’au brevet des collèges, et puis se mariaient, toujours avec leurs boucles d’oreilles, auxquelles elles adjoignaient un tablier à imprimé fleuri , qu’elles portaient été comme hiver, et qui signait tout autant leur appartenance…

les gens importés, ceux qui venaient d’ailleurs, comme mes parents, et s’étaient installés là depuis moins d’une génération, ne mettaient pas de boucles à leurs filles, et leur faisaient faire du ski …

Et voila, ces 2 dames qui nageaient lentement dans le portnawak de Berlioux étaient typiques des dames de  mon pays d’enfance, et je les ai regardées un petit moment, assez fascinée aussi, sans me faire voir …

Le portnawak est excellent pour observer les gens …quand je suis dans les couloirs lignés, je ne fais que nager, mais là, j’avais un autre point de vue, c’était pas mal …

Le soir, j’ai appelé une amie, qui loge chez elle la jeune fille dont j’avais parlé une fois, celle qui a fait des études de lettres, ne trouve pas de travail, et est devenue soudeur (une excellente soudeur , trés recherchée et trés bien payée, pour des chantiers pointus)… comme elle habite dans le 19ème, une petite rue biscornue aux maisons légères, nous irons nager à Hermant le samedi après-midi, quand cette piscine voudra bien rouvrir ... 🙂 😉

So long, folks

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